Entre tous les textes que nous venons d’entendre, il y a comme une même attente, un même climat d’impatience.
« Ah, si tu déchirais les cieux, si tu descendais, les montagnes seraient ébranlées devant ta face », s’exclame le prophète Isaïe.
« Réveille ta vaillance et viens nous sauver », chante le psaume.
De son côté, S. Paul déclare aux Corinthiens : « vous qui attendez la venue de notre Seigneur, c’est lui qui vous fera tenir fermement jusqu’au bout »
Et dans l’évangile de Marc Jésus nous invite à veiller, car nous ne savons pas quand le maître de maison reviendra.
Des siècles ont passé, et le Seigneur n’est toujours pas revenu. Année après année, nous entendons le même message. Cependant, de nouvelles générations découvrent la foi, mais sont invitées comme nous à veiller. Alors pourquoi donc Dieu tarde-t-il à venir, pourquoi donc veut-il éprouver à ce point notre foi et met-il à si rude épreuve notre fidélité ?
Nous qui sommes des chercheurs de Dieu et de Vérité, la Sagesse divine est sans nul doute le bien le plus précieux que nous pouvons désirer et demander.
C’est d’ailleurs le bien, par excellence, qui conviendrait aux dirigeants de notre planète pour que toute guerre soit enfin bannie et qu’un monde de dialogue, de Paix et de Justice puisse advenir.
Je ne compte plus le nombre de fois où l’on me demande : comment doit-on vous appeler ? Père ou frère ? Je réponds alors : quand j’ai reçu l’habit en entrant dans l’Ordre des Dominicains, on m’a dit : désormais vous vous appellerez frère Arnaud. Alors appelez-moi frère Arnaud.
Un frère domincain disait malicieusement : « je ne suis le père de personne, je suis le frère de tous ! »
Bien que nous soyons tous nés d’un père biologique que nous appelons père ou papa, Dieu est le seul que nous prions en disant : Père, notre Père.
Les deux histoires de vignes que nous venons d’entendre, pourtant écrites à des périodes différentes, soulignent chacune une réalité que nous connaissons encore aujourd’hui : la violence ne cesse d’habiter nos sociétés. L’homme a fait des progrès immenses en matière de connaissance scientifique, mais nos sociétés peinent à emprunter des chemins de paix pourtant connus et vitaux.
Cela était vrai du temps d’Israël, dans l’ancienne alliance, comme nous le montre la première lecture extraite du livre du prophète Isaïe.
Le peuple d’Israël, comparé à la vigne du Seigneur, déçoit lourdement Dieu car cette vigne donne de mauvais raisins alors que Dieu l’a choyée et qu’il a tout fait pour qu’elle en donne de beaux.
Dieu attendait des hommes le droit et la justice et c’est le crime et les cris d’injustice qui surviennent comme un inattendu pour Dieu.