27 août 2023. 21ème dimanche du Temps ordinaire. Frère Arnaud Blunat (op)
« Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise »
Pierre est l’apôtre le plus connu, celui dont les évangiles parlent le plus. Nous le connaissons bien, et nous l’aimons bien, parce qu’au fond il est un peu comme nous.
Pierre est souvent en première ligne. C’est un meneur d’homme, au caractère bien trempé. Il résiste, il s’oppose, il se met parfois en colère.
Quand Jésus l’a appelé à le suivre, c’était au bord du lac de Galilée. Pierre a tout quitté, sa petite entreprise familiale, ses proches, pour se mettre en route, avec André son frère et d’autres compagnons.
Pierre a dû beaucoup échanger avec eux au sujet de Jésus. Comment ne pas se poser des questions en présence d’un homme si extraordinaire, si surprenant ? Ses miracles, ses guérisons, et surtout ses enseignements, ses paroles tellement fortes, tellement lumineuses… Non, Jésus n’est pas un homme comme les autres, et pourtant il semble si proche, tellement l’un de nous.
Après la multiplication des pains et le discours du pain de vie, Pierre répondra à Jésus qui leur demande s’ils veulent le quitter : Seigneur, à qui irions nous tu as les paroles de la vie éternelle !
20 août 2023. 20ème dimanche du Temps Ordinaire. Frère Arnaud Blunat (op)
« Ce que femme veut, Dieu le veut ! »
Nous avons une illustration de ce dicton dans la scène de l’évangile que nous venons d’entendre.
C’est en effet ce que Jésus dit à la Cananéenne venue lui demander de guérir sa petite fille : « femme, grande est ta foi. Que tout se passe pour toi comme tu le veux »
Pourtant, on est étonné du revirement de Jésus, impressionné par la foi de cette femme, par son audace et sa pugnacité, alors que, dans un premier temps, il ne lui avait manifesté qu’indifférence et hauteur. Le silence qu’il lui oppose est même surprenant, son attitude quelque peu désobligeante, alors que la femme manifeste une souffrance désespérée.
La raison qu’il donne de ne pas s’intéresser à elle dévoile une forme d’exclusivisme qu’on a peine à comprendre. Pourquoi est-il venu en territoire païen s’il ne recherche que les brebis perdues d’Israël ?
15 août 2023. Homélie de l'Assomption. Frère Arnaud Blunat (op)
Marie toute en Dieu
D’un bout à l’autre de son existence, Marie est toute en Dieu. Rien en elle n’échappe à l’Amour de Dieu. Quand elle vient au monde, elle est déjà épargnée par le péché. A plus forte raison, quand elle quitte ce monde, elle ne connait pas la mort, ni la corruption du tombeau. C’est une grâce unique qui a été faite à Marie, parce que non seulement par elle Dieu a pu venir dans notre humanité et se faire homme, mais aussi parce qu’en elle, nous voyons déjà ce que nous serons un jour : tous rassemblés en Dieu.
Les textes que nous venons d’entendre ne nous aident pas forcément à nous représenter le mystère de l’Assomption :
- La vision de la femme dans l’Apocalypse de Saint Jean correspond-t-elle à cette vérité de foi que l’Eglise enseigne désormais de manière certaine depuis plusieurs décennies ? Beaucoup de commentateurs se plaisent à dire que cette femme représente l’Eglise affrontée aux persécutions et qui est préservée de la mort.
- Le psaume 44 évoque un cortège nuptial qui là encore pourrait évoquer toute l’humanité présentée à Dieu comme une épouse.
- Le passage de la lettre de Saint Paul aux Corinthiens précise que tous les hommes meurent en Adam, mais que tous recevront la vie dans le Christ. Marie échapperait-elle à cette règle commune ?
- Enfin le récit de la Visitation nous parle d’une rencontre, certes exceptionnelle, entre Marie et Elisabeth, les deux cousines, mais n’est-ce pas une expérience si incarnée, qui ressemble à tant de nos rencontres ? Où serait le lien avec l’Assomption de Marie ?
Dimanche 13 août 2023. 19ème dimanche du Temps ordinaire. Bertrand Caux, diacre.
La puissance d'une brise légère
Lors d’un déplacement récent sur Paris, j’en ai profité pour aller voir l’exposition de « Ramsès et l’or des Pharaons » à la Grand Halle de la Villette.
En étant sur place à l’heure à l’heure indiquée sur ma réservation, je me suis trouvé confronté à une file d’attente énorme sur le parvis de la Grande Halle. L’ambiance était plutôt bruyante et les gens concentrées vers l’entrée principale en attente d’un déblocage de la file d’attente. Et voilà que surgit d’une porte annexe une jeune femme grandement paralysée qui était en fauteuil roulant poussé par une personne et accompagnée par une autre.
La personne sur le fauteuil était rayonnante d’un sourire éclatant qui témoignait d’une joie intense qui l’habitait.
Je l’ai suivi du regard lors de sa traversée de l’esplanade et je dois dire que j’ai vécu cela comme une Parole de Dieu à accueillir. Mais peu de gens se sont rendu compte de son passage.
Si je vous dis cela, c’est pour tenter d’illustrer à ma façon la première lecture tirée du premier livre des Rois. Nous voyons le prophète Elie qui fait l’expérience d’un Dieu qui se donne à percevoir et à entendre, non pas dans un ouragan, un tremblement de terre ou dans le feu, c’est-à-dire dans l’extraordinaire, mais dans le murmure d’une brise légère, c’est-à-dire dans l’ordinaire de nos vies.