Les deux histoires de vignes que nous venons d’entendre, pourtant écrites à des périodes différentes, soulignent chacune une réalité que nous connaissons encore aujourd’hui : la violence ne cesse d’habiter nos sociétés. L’homme a fait des progrès immenses en matière de connaissance scientifique, mais nos sociétés peinent à emprunter des chemins de paix pourtant connus et vitaux.
Cela était vrai du temps d’Israël, dans l’ancienne alliance, comme nous le montre la première lecture extraite du livre du prophète Isaïe.
Le peuple d’Israël, comparé à la vigne du Seigneur, déçoit lourdement Dieu car cette vigne donne de mauvais raisins alors que Dieu l’a choyée et qu’il a tout fait pour qu’elle en donne de beaux.
Dieu attendait des hommes le droit et la justice et c’est le crime et les cris d’injustice qui surviennent comme un inattendu pour Dieu.
Dimanche 17 septembre. Homélie du 25ème Dimanche Ordinaire. Mgr Norbert TURINI
Installation du Fère Arnaud Blunat (op)
Le pardon : une priorité !
Sœurs et frères,
Vous l’avez compris, dans cet Evangile, Jésus fait du pardon, la priorité. Pourquoi ? A y regarder de près le sommet de l’amour c’est le pardon. Aimer va jusqu’à pardonner. C’est facile dans l’absolu, mais dans le concret, c’est autre chose. C’est pourquoi, Jésus nous offre cette parabole étonnante, totalement disproportionné, un peu surréaliste.
D’abord on peut se demander comment un roi, en bon intendant de ses biens peut renoncer à une telle dette qui représente une somme considérable l’équivalent, aujourd’hui, de plusieurs millions d’euros.
Certes dans un premier temps il impose son autorité royale en demandant le remboursement intégral de la dette. Il défend ses intérêts. De plus, ce n’est que justice puisque le serviteur la lui doit.
Et puis dans un second temps, il bascule totalement dans la compassion en se laissant émouvoir par ce serviteur, ses supplications, son appel à la patience, sa promesse de réaliser l’impossible.
10 septembre 2023. 23ème dimanche du Temps ordinaire. Bertrand Caux, diacre.
La correction fraternelle : une démarche d'amour.
Les textes qui sont proposés à notre méditation aujourd’hui expriment un désir profond de Dieu que nous vivions en frères et sœurs, fils et filles d’un même Père. Et pour vivre cette fraternité, il nous donne un outil efficace qui est celui de la correction fraternelle.
Ce désir profond de Dieu d’une fraternité entre nous est déjà bien présent dans l’ancien testament. Dans la première lecture, extraite du livre du prophète Ezéchiel, Dieu demande instamment au prophète d’être un guetteur pour la maison d’Israël afin qu’aucun de ses membres ne soit perdu. Il lui demande d’avertir le « méchant » d’abandonner sa conduite mauvaise, tout en respectant bien sûr sa liberté. En effet, tout ne peut se faire que dans l’amour.
Si on ne peut sauver une personne contre sa volonté, il est de notre devoir de l’avertir de l’incohérence de sa conduite, si nous en sommes témoins.
Dans l’Evangile, ce désir de Dieu que nous vivions la fraternité, est repris par Jésus dans le passage que nous avons entendu. Il est intéressant de noter que l’évangéliste Matthieu le place entre l’histoire de la brebis égarée racontée par Jésus et une invitation qu’il fait à ses disciples de pardonner jusqu’à l’infini.