Jeudi, 12 Février
Qu'est qu'un jubilé ?
 
Jubile 2025 imageL’Église propose à tous les catholiques de profiter de cette année jubilaire 2025 pour vivre une démarche spirituelle, en accomplissant un pèlerinage, soit à Rome, soit dans un des sanctuaires désignés dans chaque diocèse. Dans notre diocèse de Montpellier, plusieurs églises ou cathédrales ont été ainsi retenues comme sanctuaires jubilaires.
Parmi eux se trouve le sanctuaire de Notre Dame de l’Agenouillade près d’Agde et c'est ce lieu qu'a choisi la paroisse St-Bernard pour vivre une démarche jubilaire le 28 septembre 2025.
A cette occasion, Frère Arnaud Blunat,op. a donné quelques points d'éclairage sur la démarche jubilaire :
Qu’est-ce qu’un jubilé ?
Dans la Bible, au livre du Lévitique chapitre 25, il est question d’une année spéciale qui arrive au terme d’un cycle de 49 années (7 X 7). Au cours de cette année, les dettes étaient remises, les terres restituées à ceux qui les avaient perdues, les captifs retrouvaient la liberté.
C’est bien ce que Jésus proclame dans la synagogue de Nazareth comme le rappelle l’évangile de Saint Luc (ch. 4) :
« Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. »
L’année jubilaire est une année de grâce qui permet de faire une pause, de faire preuve de clémence et de miséricorde, comme Dieu a fait miséricorde à son peuple et l’a racheté par amour.
 
Pour les catholiques, la coutume de célébrer une année jubilaire tous les 25 ou 50 ans remonte au début du 14° siècle.
Comme son nom l’indique, cette année permet aussi de se réjouir, de jubiler, de célébrer notre joie de croire dans le Christ et de donner un souffle nouveau à notre foi.
Le thème de cette année 2025 est : pèlerins de l’espérance.
Comme l’indiquent les évêques français dans la lettre qu’ils ont publiée au début de cette année jubilaire, nous vivons dans un contexte fait d’ombres et de lumières.
 
Pour notre Eglise et spécialement notre paroisse, les occasions de nous réjouir et de rendre grâce sont nombreuses :
             l’élection du Pape Léon à la suite du Pape François.
             Les 25 ans de notre église S. Bernard
             Nos jeunes lycéens et les catéchumènes qui se préparent aux sacrements de l’initiation .
             Le nombre de baptêmes en augmentation
             Les initiatives de solidarité.
Mais il y a aussi bien des choses qui nous attristent, nous inquiètent et nous désolent dans notre monde, notre société, notre Eglise :
             La confusion des repères, le regain de violence, de radicalisation.
             La manipulation de l’information, la dégradation du climat social et politique,
             L’individualisme, les inégalités, les injustices…
             Le contexte international, le changement climatique, les migrations…
Notre espérance est fondée dans le Christ
Nous fêtons cette année le 1700° anniversaire du Concile œcuménique de Nicée (325)
Les évêques réunis lors de ce concile ont débattu sur une question cruciale : l’identité du Christ.
Ce concile était destiné à résoudre la crise arienne qui menaçait la foi chrétienne. En effet, Arius, prêtre d’Alexandrie, niait la divinité de Jésus, faisant de lui un être supérieur aux hommes mais inférieur à Dieu. Jésus ne pouvait être Dieu, car Dieu ne pouvait pas prendre chair et se faire homme, en dépit de ce qu’affirmait le prologue de S. Jean : « et le verbe s’est fait chair ».
Les évêques réunis à Nicée puis à Constantinople ont affirmé que Jésus était consubstantiel au Père. Bien que distincts, le Père et le Fils partagent la même substance divine. Cette définition écarte le fait que Dieu aurait envoyé un être intermédiaire, un sur-homme pour nous sauver.
C’est bien Dieu qui vient à nous en la personne de son verbe et qui prend notre condition humaine en  Jésus. C’est lui également qui nous envoie son Esprit Saint.
La tentation arienne a été très présente au 4° siècle. Elle reste encore présente dans la mentalité de beaucoup de personnes aujourd’hui. Inconsciemment, on opère une différence entre le Père et le Fils. Jésus serait une admirable modèle à imiter, porteur de valeurs. Mais si Jésus n’est pas Dieu, il ne peut pas communiquer la vie divine. Sa mort et sa résurrection ne nous sauvent pas vraiment.
Le mystère de la Trinité s’estompe, s’évapore. Seul demeure le Père, un Dieu solitaire.
Nicée a compris et déclaré que l’homme Jésus est Dieu : « et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous » (Prologue de Jean)
A travers lui, c’est Dieu qui nous sauve. En Jésus qui a offert sa vie sur la croix, Dieu donne le salut à tous les hommes. Jésus, sans cesser d’être Dieu, a assumé notre humanité. Il a pris sur lui notre faiblesse et notre péché.
En lui Dieu révèle son amour infini. Celui qui est de toute éternité se révèle dans le temps aux hommes qu’il vient associer à sa gloire.
Dieu n’est pas l’inaccessible, l’inatteignable. Au contraire, dans son Verbe fait chair, il se rend proche, il se fait l’un de nous pour qu’un jour nous soyons pleinement uni à sa vie divine.
Le mystère pascal se réalise alors dans notre vie. Comme Saint Paul, nous faisons l’expérience de son amour pour nous : « il m’a aimé et s’est livré pour moi » (Galates 2, 20)
L’enjeu de notre foi n’est pas seulement de croire que Jésus est Dieu mais aussi de le connaître, de l’aimer, de nous attacher à lui, de garder le regard fixé sur lui, de reconnaître en lui le Fils (qui m’a vu a vu le Père, dit Jésus à Philippe) en qui nous sommes nous-mêmes fils et filles de Dieu.
La foi ne consiste pas à savoir ce qu’il faut faire ou pas, ce qui est permis ou défendu, mais de chercher le visage de Jésus, de se laisser transformer par son amour, de le reconnaître dans le visage des autres, de vivre par lui une rencontre avec nos frères.
Jésus chemine avec nous, puisqu’il nous l’a promis : « je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (évangile de S. Matthieu 28, 20)
Notre liturgie exprime ce dialogue constant, cette présente agissante de Dieu, à travers la Parole que nous entendons et qui appelle notre réponse.
En Jésus le Royaume est déjà avancé. La Bonne nouvelle nous remplit de cette joie profonde que nul ne pourra nous ravir. L’évangile nous invite à nous laisser libérer, à accueillir le pardon de Dieu, à sortir de la tristesse du péché, du vide intérieur, de l’isolement.
Etre pèlerin d’espérance, témoin de la joie du Salut pour tous.
Le Jubilé nous donne l’occasion de vivre cette libération que Jésus a annoncée, qu’il a incarnée et vécue en sa personne. Dans l’évangile nous le voyons à maintes reprises, lorsqu’il guérit les malades, lorsqu’il rencontre les pécheurs, à qui il adresse une parole personnelle.
Jésus est un homme libre, qui vit dans une relation de confiance totale et absolue avec son Père.
Le Jubilé est une invitation à se laisser réconcilier, à vivre une démarche de conversion à travers le pardon sacramentel.
Plusieurs étapes peuvent être vécues personnellement pour préparer notre pèlerinage :
1) prendre le temps de faire un retour sur soi-même.
                                              - Comment vivons nous sous le regard de Dieu ?
                                                Sommes nous en paix avec lui, ou en révolte, ou à distance ?
                                              - Comment considérons-nous le monde d’aujourd’hui ?
                                               Beaucoup de choses peuvent nous choquer, nous interroger, nous inquiéter.
                                              - Comment nous considérons-nous en nous-mêmes ?
                                              Sommes nous habités par la tristesse, le regret, l’amertume ?
                                              - Comment considérons-nous les autres, ceux qui nous entourent ?
2) prendre le temps de se confesser.
Reconnaître ses péchés, mais aussi rendre grâce pour ce que Dieu nous a donné et permis de vivre.
3) Recevoir la communion si possible le jour même ou le dimanche suivant.
4) prier aux intentions du Pape.
Chaque mois, une intention est proposée par le Saint Père.
Septembre : Pour notre relation avec toute la Création.
Prions pour que, inspirés par saint François, nous fassions l’expérience de notre interdépendance avec toutes les créatures, aimées de Dieu et dignes d’amour et de respect.
5) accomplir l’une ou l’autre des œuvres de miséricorde
Oeuvres de miséricorde corporelle : 
                                * donner à manger à ceux qui ont faim 
                                * donner à boire à ceux qui ont soif 
                                * vêtir ceux qui sont nus 
                                * loger les pèlerins 
                                * visiter les malades 
                                * visiter les prisonniers ;
                                * ensevelir les morts.
Oeuvres de miséricorde spirituelle : 
                         * conseiller ceux qui doutent ;
                         * enseigner ceux qui sont ignorants ;
                         * réprimander les pécheurs ;
                         * consoler les affligés ;
                         * pardonner les offenses ;
                         * supporter patiemment les personnes importunes ;
                         * prier Dieu pour les vivants et pour les morts[6].
6) recevoir l’indulgence plénière.
C’est une grâce offert par Dieu à l’occasion de l’année jubilaire.
L’indulgence plénière est l’expression de la miséricorde de Dieu pour nous qui sommes pécheurs.
Elle nous épargne en quelque sorte la peine du purgatoire.
7) Visiter le sanctuaire de ND de l’Agenouillade :
Ce sanctuaire commémore un miracle qui remonte à l’époque du Haut Moyen Age.
Alors qu’une terrible tempête menaçait de détruire la région, un ermite du Grau d’Agde demanda l’intercession de la Sainte Vierge. Marie apparut alors sur un rocher, posant le genou sur une pierre.
Le cataclysme cessa aussitôt.
Le 28 septembre, nous visiterons ce sanctuaire de ND de l’Agenouillade à travers cette démarche communautaire.
Ce sanctuaire est une église modeste, mais chargée d’histoire et porteuse de la mémoire des habitants de la région d’Agde, de leur foi, de leur espérance.
Comme pour tous les sanctuaires jubilaires, le franchissement de la porte d’entrée aura une valeur toute particulière. La porte symbolise le Christ qui dit dans l’évangile de Saint Jean : je suis la porte. Celui qui passe par moi aura la vie éternelle.
C’est une démarche à faire dans la foi, la simplicité, et l’humilité. Elle nous rappellera le baptême que nous avons reçu.
Nous vivrons aussi un moment de partage fraternel et d’amitié.
Je vous souhaite tous de vivre ce temps fort comme un moment de grâce, avec l’assurance d’être toujours plus aimé du Seigneur et accueilli avec une infinie tendresse par Marie sa mère et notre mère.
Que ND de l’Agenouillade, nous aide à vivre pleinement cette démarche de pèlerinage, pour notre propre sanctification et celle de nos frères et soeurs.