Jeudi, 12 Février
Homélie du dimanche 11 janvier 2026. Bertrand Caux, diacre
 
Baptême du Seigneur.
 

Nous célébrons aujourd’hui le baptême du Seigneur et par là même, la fête de tous les baptisés. Réjouissons-nous des baptêmes d’enfants, d’adolescents et d’adultes qui ont été célébrés l’année dernière et de ceux qui s’annoncent pour cette nouvelle année. Je pense en particulier à ces adolescents et adultes, encore en nombre cette année, qui recevront le baptême lors de la veillée pascale.

Le baptême du Seigneur vient clôturer le temps liturgique de Noël. Il nous prépare à entrer dans le temps ordinaire qui commence lundi. N’est-ce pas d’ailleurs le but du baptême que de nous envoyer vivre l’évangile dans la vie ordinaire ?

Car, nous le savons, le baptême n’est pas une fin en soi. Il est bien au contraire un commencement, le début d’un chemin de Foi à vivre dans l’ordinaire de nos vies.

Durant ce temps liturgique de Noël, les temps forts et les festivités n’ont pas manqué.

Il y a eu bien sûr la fête de Noël proprement dite, mais aussi, celle de la Sainte famille, celle de Marie Mère de Dieu le 1er janvier et celle de l’épiphanie dimanche dernier.

Dans l’Evangile proposé à notre méditation pour ce dernier temps fort de Noël, Matthieu met directement en scène Dieu au travers d’une voix venant des cieux. Une voix qui vient souligner l’importance de Jésus par rapport à Jean-Baptiste.

Ce dernier attirait les foules et beaucoup de gens se demandaient s’il n’était pas le messie. Désormais c’est Jésus qu’il faut suivre et c’est de lui qu’il faudra recevoir le baptême.

Comme il est assez rare dans les écritures que Dieu intervienne directement, je vous propose que nous prenions le temps de méditer sur cette Parole venant des cieux : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie »

En recevant le baptême de repentance et de conversion que proposait Jean-Baptiste, Jésus, qui n’avait nullement besoin de repentance et de conversion, s’est abaissé pour prendre sur lui nos péchés et nous entrainer à sa suite sur un chemin de réconciliation et d’amour avec Dieu.

Dans cet acte d’humilité et d’amour qui anticipe celui de sa mort sur une croix et de sa résurrection, nous pouvons mieux saisir tout le sens de la parole qui lui est adressée directement des cieux.

Oui, Jésus est bien ce fils, bien-aimé du Père, en qui ce dernier trouve sa joie.

Si cette Parole de Dieu est destinée à Jésus, nous pouvons aussi l’entendre comme une Parole qui nous a été adressée le jour de notre baptême et que Dieu ne cesse de nous redire quand nous en vivons.

Par cette Parole, nous mesurons l’amour de Dieu envers tous les hommes, puisque nous sommes tous appelés à être les fils et les filles d’un même Père qui est Dieu. Nous mesurons aussi la réponse parfaite qu’en a donné Jésus.

N’y aurait-il pas dans cette Parole de Dieu un condensé de ce que devrait être toute vie chrétienne, initiée par le baptême ? A savoir, une vie où nous nous comportons en fils et fille de Dieu ainsi qu’en frères et sœurs en humanité.

Si cette Parole résonne comme une invitation à reconnaitre en Dieu notre Père à tous, elle sonne aussi comme une invitation à y répondre en fils, comme Jésus, et à sa suite.

Pour nous y aider, nous avons l’Esprit-Saint, les évangiles et l’Eglise. Laissons-nous saisir et transformer chaque jour par l’Esprit Saint, pour que nous marchions dans les pas de Jésus et que nous ayons ainsi ce même regard d’amour que Dieu sur nos frères : un regard qui aime et qui espère toujours en l’autre.

En écoutant cette voix venant des cieux, nous voyons aussi que Dieu trouve sa joie dans l’homme qui se tourne vers lui avec confiance et agit avec humilité.

Ainsi, curieusement, Dieu a besoin de nous pour trouver la joie ! Cela peut paraitre un peu fou au premier abord, mais n’est-ce pas une réalité que nous révèle l’évangile ?

Nous pouvons alors saisir tout le poids et l’intensité de cette Parole émanant directement de Dieu et qui peut constituer à elle seule un véritable programme de vie, de toute vie d’ailleurs, pas seulement vie chrétienne.

Oui, si le baptême est une étape importante, il n’est pas une fin en soi, mais c’est au contraire le début d’une vie nouvelle vécue, à la suite de Jésus, sous le souffle créateur de l’Esprit Saint. Une vie nouvelle qui est porteuse de paix et de joie.

Pour vivre de cette vie nouvelle et avancer toujours plus sur un chemin d’imitation du Christ, nous ne pouvons pas rester seuls. Nous avons besoin d’autres croyants pour nous épauler et nous aider à trouver notre place.

Le baptême nous fait entrer dans une grande famille qui est celle de l’Eglise en tant que communauté de croyants.

Même en tant que « vieux Chrétiens, baptisés pour la plupart d’entre nous dans notre plus jeune âge, il est important de se redire cela et de nous demander où nous en sommes sur notre chemin de baptisé ?

Sur notre paroisse, et plus largement en Eglise, les initiatives de rencontres et de vie fraternelle ne manquent pas, ce qui ne peut que nous réjouir. Elles sont autant d’occasion de joies partagées.

Au final, on peut dire qu’après la joie de Noël, la liturgie de ce jour nous invite à poursuivre cette joie dans la vie ordinaire en vivant la transformation promise à notre baptême qui nous fait marcher dans les pas du Christ.

Que cette eucharistie nourrisse notre Foi pour que nous avancions toujours plus sur un chemin de fraternité auquel nous convie notre baptême !